Vendredi 6 juin 2008 5 06 /06 /2008 13:20
Je réalise tout à coup que nous sommes le 6 juin. Or, il y a deux ans, le 6 juin 2006 donnait, en abrégé numérique : 6-6-6, c'est-à-dire très exactement le Nombre de la Bête, 666, cité dans l'Apocalypse. Cette coïncidence m'avait alors inspiré le texte qui suit, figurant du coup, et en toute bonne logique, dans la "Marmite du Diable"!

JOUR FATAL

Le six juin deux mille six
Vous me devez des sacrifices,
Trois fois six s'inscrivent sur mon front
Et tout l'Enfer touille en choeur mon chaudron !
Jetez dans le lac gelé
Traîtres et félons emmêlés ;
Séducteurs, trafiquants et fraudeurs,
Soyez fouettés, bouillis avec ardeur ;
Vindicatifs et violents,
Qu'on vous noie dans le sang bouillant ;
Ensevelissez les hérétiques
Dans des tombeaux de flammes méphitiques ;
Coléreux et contristés,
Hantez l'infernale Cité ;
Fils prodigues ou avaricieux,
Frappez sans fin à la porte des Cieux ;
Insatiables et gourmands,
Que la faim soit votre tourment ;
Concupiscents, lascifs et luxurieux,
Couvez le désir des yeux !
Qu'aux limbes à jamais errent faibles et lâches,
Que les âmes damnées soient traquées sans relâche,
Qu'elles hurlent Mon Nom pour implorer pardon,
Emportant dans leurs pleurs les rires des démons !

(Peyrolles-en-Provence, le 6 juin 2006 ; ce poème "satanique" évoque les cercles de "l'Enfer de Dante", avec quelques arrangements de mon cru !)
"La Marmite du Diable", recueil inédit.

Et puis, pour conclure avec gaieté, voici quelques blagues que le Malin, qui est un joyeux drille, s'amuse à nous faire...

LES FACETIES DU DIABLE

Je suis le petit diablotin
Qui souffle aux esprits puritains
Tout plein de gentilles bêtises,
Celui qui tente et qui attise
Le feu qui couve sous la cendre,
Celui qu'on ne veut pas entendre.

Mes complices sont innombrables
Pour faire rougir vos semblables,
Je suis où l'on ne m'attend pas :
A la fin d'un joyeux repas,
A l'école ou bien à la messe,
Dans un concert ou à confesse...

Je guette le vieillard ingambe
Et je lui  fais un croc-en-jambe
Pour qu'il apprenne à ses dépens
Qu'il n'aura plus jamais vingt ans,
Que la terre est devenue basse,
Que la jeunesse et le temps passent.

Je suis celui qui, fourbement,
Sussure au plus mauvais moment
Dans un concert de chant lyrique
La fausse-note fatidique
A la malheureuse soliste
Qu'on traite de je-m'en-foutiste !

Celui qui traitreusement donne
A quelque charmante personne
Une vieille chaise de bois
Qui va se briser sous son poids
Et la met en déconfiture
Dans une fâcheuse posture...

Celui qui s'invite à la messe
Et qui, lorsque le curé dresse
Le Calice pour communier
Le fait s'étrangler à moitié
Pour achever l'instant sacral
Dans un fou-rire général !

Je viens volontiers à confesse
Souffler des histoires de fesses
Aux oreilles de ce curé
Qui s'aperçoit, le coeur serré
Que celle qui les lui confie
Est la femme de son ami.

Même sur les bancs de l'école
Je viens semer la gaudriole,
Quand s'échangent des regards tendres
Filles et garçons, sans entendre,
Suivant leur rêrie profonde,
La voix du maître qui les gronde.

Je provoque bévues et gaffes
Qui permettent que l'on s'esclaffe
Même dans les enterrements,
Et je poursuis de mes tourments
Les gueux, les bourgeois et les rois,
Egaux devant le désarroi !

Mais je peux être aussi cruel
Et jeter un trouble mortel
Aux joues d'une belle invitée
Qui n'aura pas pu éviter
De lâcher le fracas soudain
D'un pet dans un cocktail mondain !

(Peyrolles-en-Provence, le 26 mai 2006)
"La Marmite du Diable", recueil inédit.



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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 20:10
J'ai toujours aimé les routes, les chemins, et tout ce qui me parle de départs, de voyages et d'aventure.
Le poème qui suit parle d'une route qui existe : elle va du Rove, près de Marseille, à la  Batterie de Figuerolles à proximité de la calanque de Niolon. Elle a été construite dans les années soixante en vue de projets immobiliers heureusement abandonnés. Il demeure cet absurde ruban d'asphalte qui conduit pratiquement nulle part, et parfaitement surréaliste dans cet environnement sauvage.
Elle m'a inspiré ce texte symbolique sur la destinée humaine :


VOIE SANS ISSUE ?

C'est une route improbable,
Impensable,
Quelque part près de Niolon.
D'où vient-elle et où va-t-elle,
Cette belle
Cicatrice de goudron ?

Elle est née de la folie
Infinie
De promoteurs inconscients
Qui ont vu mourir leurs rêves
Sur la grève,
Noyés dans les flots patients...

Où va-t-elle, cette route ?
Loin, sans doute,
Bien plus loin que l'horizon
Qui se confond dans la houle
Et s'écoule
Au-delà de la raison.

Qui a écrit cette histoire
Dérisoire,
Cette histoire décousue
Sur la pierre des collines ?
Qui piétine
Sur cette voie sans issue ?

Elle ne va nulle part,
Au hasard
De nos errances inquiètes,
Cette route abandonnée
Aux années
Dans d'étranges oubliettes.

Mais nous la suivons quand même,
Et l'on sème
Encor bien des souvenirs
Tout au long de l'espérance
Qui s'élance
Vers d'autres voies à ouvrir...

(Saint-Canadet, le 21 juin 2007
Poème inédit

Et puisqu'on parle de route, voici un haïku écrit une nuit, au cours d'un long voyage en voiture jusqu'à Brest où habitait ma fille...

Le long ruban d'asphalte
sans une halte
crève l'ennui
de la nuit
(Quelque part vers Carcassonne, le 9 avril 2005 à deux heures du matin...)
Haïku inédit

                  

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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /2008 14:59


Attention : le texte qui suit peut heurter la sensibilité  et/ou les croyances de certains lecteurs. Il faut le prendre avec du recul et considérer qu'il s'agit d'un poème de jeunesse, avec tous les excès que celle-ci comporte !

L'orage qui gronde à nouveau cet après-midi me met de mauvaise humeur. Du coup, j'ai retrouvé un poème écrit à l'âge de dix-sept ans, un de mes premiers textes.
C'est un poème de révolte, un poème d'adolescent, naïf, et imparfait sur le plan technique, mais il ne manque pas de vigueur !
Heureusement que depuis cette lointaine époque, j'ai mis de l'eau dans mon vin.
Quoique...


NI DIEU NI MAITRE !

Où est-Il donc que je Le tue ?
Montrez-moi Sa face abhorrée
Afin que je crache dessus !
Où est ce génie meurtrier ?

Montrez-la moi, cette bonté
Et Son chemin de vérité :
Il les a certes bien cachés
Car nul ne les a dénichés !

Comment peut-on les mériter ?
J'ai bien essayé de prier,
Alors pour m'en féliciter
On m'a donné des coups de pieds !

J'ai tenté d'aimer mon prochain
Et l'on m'a dit que c'était bien,
Puis, quand on m'a donné une arme,
J'ai fait couler beaucoup de larmes...

Certains ont pensé que leur faim
Serait un jour rassasiée ;
Ils ont accepté leur destin
Et ont jeûné à satiété !

Mais ceux qui sont rassasiés
Sont ceux qui t'ont dit de prier
Et ne donnent aux miséreux
Que les hosties de leur Bon Dieu !

Quant à ceux qui lèvent la tête
Et dérangent l'ordre établi,
Ce ne sont que de faux prophètes
Qui sont bannis du Paradis !

                         °°°°°°°°°

Je n'irai pas dans Sa maison,
J'irai dans celle du démon
Brandir les torches de l'enfer
Pour en éclairer l'univers !

(Marseille, juin 1969)
Poème inédit.

Dieu me pardonne pour ce poème vindicatif.. et peu catholique ! Depuis, j'ai appris que Dieu n'est pas responsable de tous les maux de la création et que nous restons maîtres de nos choix.
Mais j'ai parfois poussé ce nouveau zèle un peu loin et le poème qui suit n'est pas très complaisant envers moi-même, et s'il est vrai que, pour le bien comme pour le mal on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même, alors je ne suis pas sorti de l'auberge !


L'ENNEMI

Mon ennemi est implacable,
Je le croise tous les matins ;
Il me regarde et il m'accable
A travers son regard hautain.

Je reconnais bien son visage
Et la froideur de son regard
Qui m'a suivi à tous les âges
Sans me permettre un seul écart.

Mon ennemi impitoyable
Me guette et me suit pas à pas ;
C'est lui Satan, c'est lui le diable,
Et moi, je ne le savais pas...

Comme il est devenu mon ombre
Je lui trouve un air familier,
Et parmi les astres sans nombre
Il met des trous noirs par milliers.

Mon ennemi est intraitable,
Mais il me ressemble beaucoup ;
Il m'a joué des tours pendables,
Dieu m'aide à lui tordre le coup !

Je vois sa gueule dans la glace
Qui me nargue et qui rit de moi,
Son mépris me suit à la trace
Au fil des jours, au fil des mois...

Mon ennemi est redoutable,
Pourtant je dois le vaincre seul,
Et sur son visage insondable
J'aperçois les plis d'un linceul...

(Bandol, le 14 juin 2006. Les démons les plus redoutables sont en nous : il ne faut pas se vouloir trop parfait, car c'est là péché d'orgueil).
Poème inédit.
 

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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /2008 14:14
L'été approche. Ce n'est pas une saison que j'aime beaucoup en Provence ! Il y fait trop chaud, les collines flambent ainsi que les prix, et je n'apprécie guère l'odeur de l'ambre solaire !
En général, dès que je le peux, je quitte ces terres arides et les rivages trop artificiels de la Méditerranée estivale et les abandonne bien volontiers aux visiteurs nordiques qui, eux, ont  besoin de soleil. Et je m'échappe vers des contrées plus fraîches, où sont "les peuples couronnés de lacs et de rivières..."


                                                                              

JE N'AIME PAS L'ETE

Les jours exhalent la fournaise
Longuement
Sur des rivages de malaise.

Et nonchalamment
Le temps passe
Et n'en finit pas de s'enfuir...

L'air grésille et le vent a l'haleine tiédasse
Comme un dernier soupir :
Je n'aime pas l'été.

La terre se plaint
Et gémit sous des tourments ouatés,
Le soleil, lui, se croit malin.

C'est l'été, la mauvaise saison,
Où l'on fait le plein
De désillusions...

(Peyrolles-en-Provence, le 12 juin 2008)
Poème inédit

Et pour rester dans l'ambiance, un autre haïku de saison...


Fournaise
soleil d'enfer
brûle les os de la terre
d'un ciel de braises

(Gorges de la Véroncle, près de Gordes, le 19 juin 2005, un jour de forte chaleur)


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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 14:52
J'ai rencontré aujourd'hui une personne affligée des tourments de la maladie de la persécution. Durant les quelques minutes qu'on duré notre conversation, elle n'a cessé de me faire part des persécutions universelles dont elle se croit l'objet, jetant sans cesse derrière elle des regards inquiets et considérant tout le monde - moi compris - d'un oeil soupçonneux...
Elle m'a semblé en fait fort malheureuse et, si j'ai mis fin assez vite à cet entretien assez démoralisant, elle m'a inspiré ce texte :


PARANOÏA

Qui chuchote
Tout bas
Et mijote
De mauvais coups sur mes pas ?
Qui ricane
Bêtement dans mon dos
Et me cherche chicane
Par des propos lourdeaux ?
Je sais bien qu'on fomente
Un complot contre moi ;
Inutile qu'on me mente,
Que l'on biaise ou l'on atermoie :
Je vois bien votre manège !
Mais le monde entier coalisé,
Malédictions et sortilèges,
Ne pourront me briser.
Arrière, lâches !
L'univers m'en veut
Et contre moi se fâche
En des ragots baveux...
Mais vous êtes pitoyables,
Et je plains votre sort
Et votre misérable
Mort !

(Meyrargues, le 13 juin 2008)
Poème inédit

Pour compléter cette galerie de portraits, en voici deux autres, sous forme de haïku:
Le premier est peu flatteur et, comme il est d'usage de le signaler, toute ressemblance avec une personne vivante ou disparue ne pourrait être que fortuite

Une belle ordure
une fière crevure
une sacrée enflure

(Pe yrolles, le 10 février 2005 ; un personnage peu recommandable !)



Le second, en revanche, est beaucoup plus tendre et évoque un bref passage à l'école maternelle du Mail, à Venelles, où j'effectuais un remplacement :

Visages poupins
des espiègles bambins
jouant
et remuant

(Venelles, le 23 janvier 2006)

                                                                                    



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Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /2008 13:04
Les années se suivent et ne se ressemblent guère.
En effet, autant les mois de juin des deux dernières années étaient chauds et ensoleillés autant celui-ci hésite encore à nous rappeler l'été qui approche pourtant!
Aujourd'hui encore, le temps est à l'orage. Alors pour oublier un peu la grisaille ambiante, je suis allé chercher dans mes souvenirs des moments délicieux vécus dans les Calanques et ailleurs voici deux ans.
Le poème qui suit évoque une journée passée à En Vau, près de Cassis. Nous y avions parcouru la Vire du Grand Rappel et descendu la Brèche de Castelvieil. C'est un bel itinéraire, pas difficile mais souvent aérien, entrecoupé de deux rappels de corde, où l'on évolue dans un cadre somptueux.
Et ne cherchez pas le titre dans un dictionnaire : le jeu de mots facile est assez transparent... Comme l'était ce jour-là l'eau de la calanque d'En Vau...





FESTIVALES


Au-dessus du miroir bleu-vert des eaux tranquilles
Qui baignent la calanque, une corniche étroite
Traverse la paroi comme un balcon fragile
Où l'ombre et le soleil font des danses adroites.

Nous avons cheminé le long de cette vire
Réunis par le fil précieux de la confiance,
Tandis qu'un peu plus loin les voiles des navires
Balançaient doucement sur un air d'insouciance.

Nous sommes descendus accrochés au vertige
Jusqu'au bord de la mer pour une autre escapade,
Le temps d'une baignade,
Et sommes repartis vers nos hautes voltiges...

Sur les galets brûlants nous nous sommes séchés
Après un dernier bain d'ivresse éclaboussé,
En regardant danser
Le grand soleil d'été jouant sur les rochers...

(Peyrolles-en-Provence, le 23 juin 2005)
Poème extrait du recueil "Alchimies" - Ed. La Société des Ecrivains, Paris


Je traversais à cette époque une période euphorique. J'étais tout simplement heureux, et j'avais l'impression que la jeunesse coulait encore dans mes artères...
D'ailleurs, on n'a pas l'âge de ses artères, on a celui de ses illusions.

COMPTE A REBOURS...

En nageant au-devant des années envolées
J'ai remonté le temps vers les anciens rivages
Pour écouter chanter les refrains d'un autre âge
Qui ont bercé jadis mon enfance volée.

Dans la vague en nageant je me suis consolé
De bien des mauvais jours et de bien des naufrages,
Et tout en m'éloignant des rumeurs de la plage
J'ai cru soudain sentir mes seize ans me frôler...

J'ai senti me porter une vigueur nouvelle
Tandis que je nageais, et qu'une ardeur rebelle
Me faisait refuser de n'avoir plus vingt ans !

A travers les embruns j'ai noyé ma tristesse,
Dans le flot de l'espoir j'ai remonté le temps
Et retrouvé d'hier ma force et ma jeunesse.

(Peyrolles-en-Provence, le 26 juin 2005. Ce sonnet a été écrit de retour d'une journée passée à La Couronne où je m'étais mis dans la tête de rallier à la nage la plage du Verdon à l'Anse d'Arnette près de Carro ; cela représente près de 3 km aller-retour d'une entreprise assez engagée, et si je faisais cela couramment à l'époque de mon adolescence, j'avoue que j'ai eu ce jour-là un peu plus de mal!
Poème d'extrait du recueil "Alchimies" - Ed. La Société des Ecrivains, Paris
                                                                           




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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /2008 12:51
A quoi rêve
la Petite Sirène
sur la grève
triste de la peine ?

(Peyrolles-en-Provence, le 17 juin 2008)
Haïku inédit

Je viens de regarder de vieilles photos et diapositives d'août 1972 en vue de faire un peu de classement.
Et, replongé dans l'ambiance de cet été-là où, en compagnie de mon cousin qui  avait eu l'idée de ce voyage, d'une de mes cousines et d'un vieux copain de l'école élémentaire, nous avions sillonné l'Europe du Lac Léman au Cap Nord et de l'ex-Allemagne de l'Est à l'Italie, sac au dos, en train et  en auto-stop...
C'était l'heureuse époque où les téléphones portables n'existaient pas, où personne ne savait où nous étions et où nos parents n'avaient que peu de nouvelles de nous...
Pourtant, nous avons survécu !

C'ETAIT LA ROUTE, CAMARADE !

Nous sommes partis un matin
Et nous avons tout laissé en rade
Pour attraper le premier train :
C'était la route, camarade !

Nos sacs à dos n'étaient pas légers
Sur nos épaules bien chétives ;
Il me semble qu'ils étaient chargés
De beaucoup d'espérances naïves...

Et par Hambourg et Copenhague
Nous allions, toutes voiles dehors,
Bercés par la chanson des vagues,
Dormir au soleil du Cap Nord !

Nous avons voyagé sur le pouce,
Dormi et mangé sur les quais
Et nos vingt ans se la coulaient douce
Au rythme des refrains d'un troquet.

De la Norvège à l'Italie
Ce fut une bien belle escapade,
Et que la vie était jolie :
C'était la route, camarade !...

(Peyrolles-en-Provence, le 17 juin 2008)
Poème inédit


 
Les horizons
aux aurores tragiques
s'échouent sur les fonds
nordiques

(Peyrolles-en-Provence, le 17 juin 2008)
Haïku inédit

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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /2008 11:37



...ménage sa monture dit-on !
Le petit texte qui suit m'a été suggéré hier soir au cours d'une réunion avec des copains d'escapades dont un petit groupe a l'intention de rallier prochainement Saint-Malo à Jouques à pied (plus de 1000 km)... en compagnie d'un âne !
Gloire donc à ce courageux, sympathique et intelligent animal !

ACHETE UN ANE !

Si tu veux voyager loin
Par le monde, à l'aventure,
Surtout pense à prendre soin
De tes pieds, de tes chaussures !

En refermant ta maison,
Souris à ceux qui ricanent :
Pour chevaucher l'horizon,
Achète un âne !

Si tu as le mal de l'air
Ne prends pas l'avion, peuchère,
Si tu as le mal de mer
Garde bien les pieds sur terre !

Ne compte pas sur le train,
Les cheminots sont en grève,
Mais ton âne ira bon train
T'emmener au bout du rêve !

La voiture coûte cher
Et ça peut tomber en panne,
Alors pour te mettre au vert,
Achète un âne !

La moto, c'est dangereux,
Et l'autocar, c'est pas drôle,
Mais un âne, sacrebleu,
Ca ne boit  pas du pétrole !

Partisan du moindre effort,
Abandonne ta bécane :
Pour te conduire à bon port,
Achète un âne !

Ménage aussi tes souliers,
Tes orteils et tes rotules,
Et si tu es fatigué
Monte aussitôt sur ta mule !

Sous le soleil et la pluie,
Par des routes vaganbondes,
De l'aube jusqu'à la nuit,
Tu iras au bout du monde !

Alors, voyage malin :
Pour mener ta caravane
Par les plus jolis chemins,
Achète un âne,
Achète un âne !

(Peyrolles-en-Provence, le 20 juin 2008... Il n'y a plus qu'à mettre ça en musique!)
Poème inédit.


Et pour le brave Christophe - "Celui qui porte le Christ", en grec - voici un petit hommage, presque un haïku :

L'ANE                                                                    

Pour avoir porté sur ton dos
Le Christ, sois béni, petit âne.
                                                                                                      
Qu'au Paradis des animaux
En ton nom sonnent les campanes !

(Peyrolles-en-Provence,  le 26 avril 2007)
Poème inédit
 


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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /2008 13:40
Je traverse une période difficile. Je suis entré dans un tunnel interminable, sinueux, et la sortie semble toujours s'éloigner quand je crois la deviner.
Pourtant, il faudra bien que j'en sorte...
Demain ?



J'AI BESOIN D'UN PHARE...

Je traverse un brouillard opaque
Qui se traîne sur mon chemin,
Et je patauge dans des flaques
Où s'enlisent les lendemains...

La route s'étire, morose,
Vers des horizons incertains,
Et doucement meurent les roses
Cueillies sous le nez du destin.

Quand reverrai-je la lumière
Qui, hier encor, guidait mes pas,
Où ai-je égaré la bannière
Qui me conduisait au combat ?

Mais le long des jours où s'écoulent
Les sanglots amers de la pluie,
Je guette au-dessus de la houle
La moindre étoile dans la nuit...

(Peyrolles-en-Provence, le 24 juin 2008. Seigneur, conduis-moi à bon port !)
Poème inédit


Et comme, décidément, l'ambiance n'est pas au beau fixe, voici deux haïku écrits l'an dernier à peu près à la même époque, à un moment où je me posais pas mal de questions :

Au bout du chemin
virage
qu'y a-t-il demain
au dos de la page ?
(Venelles, le 12 juin 2007 ; à la veille de la retraite)

En finir
une bonne fois pour toutes
et prendre la route
partir !
(Meyrargues, le 26 juin 2007 ; les dernières semaines de classe avaient été diffilciles...)
Haïku inédits





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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /2008 18:26
Après le "coup de blues" d'hier, voici aujourd'hui quelques exercices de style.
Ces acrostiches, comme les
haïku sont pour moi intéressants car, outre leur intérêt esthétique - quand ils sont réussis! - leur difficulté technique constitue d'excellentes "gammes" !
Les quatre petits textes qui suivent ont essentiellement pour thème le voyage et les grands espaces, réels ou imaginaires, qui me sont chers.


Elles brillent au ciel de nos incertitudes
Tout au long de nos nuits et de nos inquiétudes ;
On les cherche souvent derrière les nuages,
Invisibles à nos regards, mais l'espérance
Les guette et les attend au détour d'un mirage,
Et nous allons confiants au bout de nos errances
Surprendre au nez du vent de nouveaux paysages...
(Peyrolles-en-Provence, le 25 juin 2008)

            
Oublié sur la grève un coquillage vide
         
Chante de vieux refrains à l'oreille enfantine
         
Et parle d'horizons, de plages cristallines
         
Aux rivages hantés de marins intrépides
         
Noyés dans le linceul des voiles brigantines...
          (Peyrolles-en-Provence, le 25 juin 2008)

                        
Voyage
                   
Où te mène le vent,
                    
Invite à suivre ton sillage
                    
Les goélands et les rires d'enfants
     
           Et dépose leur rêve aux plus lointains rivages !
(Peyrolles-en-Provence, le 6 janvier 2008 ; cet acrostiche est également une sorte de calligramme car sa forme évoque un peu une voile...)

                          
                    
       Sur les pics escarpés, au-dessus des abîmes
                      Où nous avons hissé notre orgueil infini
                      M
ontent jusques aux cieux des musiques sublimes,
                      Mystère prodigieux de l'âme inassouvie,
                      Et nous plantons là-haut nos flammes d'arrogance
                      T
oisant l'immensité de notre insignifiance !
                                  (Peyrolles-en-Provence, le 25 juin 2008)


Et pour finir,  un haïku qui est également un acrostiche écrit en l'honneur de ma petite-fille :

A deux ans
Ne grandis pas
Attends
Imprime tes pas
S
ur l'instant
(Peyrolles-en-Provence, le 3 janvier 2005)

Tous les textes de cette page sont inédits.


                                                                       

           


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