Samedi 17 mai 2008
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C'est peu après avoir terminé l'excellent roman de Michèle Juan i Cortada, "Tres de Mayo", que ce poème s'est imposé à
moi, en hommage a todos los caidos...
TRES DE MAYO, HASTA
SIEMPRE !
Ils étaient nés à Madrid,
A Séville ou Barcelone,
Ou ailleurs : quand l'heure sonne
Peu importe la Patrie.
Ils s'appelaient Manuel,
John, André ou Salvatore,
Ils sont tombés à Teruel,
Badajoz, que sais-je encore ?
Ils avaient des drapeaux noirs,
Rouges, ou couleur d'espoir,
Chantaient l'Internationale
Et mouraient sous les étoiles.
Mais le sang de ceux d'en face
Avait la même couleur
Et les larmes de douleur
Ont laissé les mêmes traces.
L'extravagant Chevalier
Traîne sa triste figure
Sur les tombes par milliers
De l'Ebre à l'Extrémadure :
"Hélas, ils n'avaient pas tort,
Se dit-il, ceux qui sont morts
De buena o mala suerte
En criant viva la muerte !
(Peyrolles-en-Provence, le 3 mai 2007)
Poème idédit.
Et puis ce mois de mai un peu maussade qui traîne depuis deux semaines des jours gris et sombres appelle en moi de nombreux questionnements... D'où viendra la lumière ?
FIAT LUX
Brume...
Nuit...
Des lignes d'horizon qui s'enfuient,
Les heures, les années s'égarent dans l'oubli
Des visages aimés et des rires...
Le temps étire
Ses rêves surpris
D'être encore là malgré l'innocence
A jamais naufragée sur nos désillusions.
Pions ?
Chance ?
Sommes-nous voyageurs de hasard
Sur des sentiers balisés d'errances,
Ou suivons-nous des allées d'espérances
A travers de factices brouillards ?...
L'ombre dévoile
Des soleils cachés
A nos propres regards effarouchés...
Ce n'est que dans la nuit que brillent les étoiles.
(Peyrolles, le 28 mai 2007)
Poème inédit
Alors je vais faire un tour du côté de jadis, à 39 printemps de distance, pour constater que, déjà, je me posais
bien des questions auxquelles je n'ai toujours pas répondu !
L'ESPOIR EST MORT, VIVE L'ESPOIR !
Sur les rochers déserts mon enfance mourait
Et le ciel livide étendait un linceul blanc
Sur les heures fanées aux rires insolents
Où le vent et la mer doucement murmuraient
Que la vie prenait son élan,
Que le futur serait
Etincelant...
Mais qu'espérer demain ? Si au moins j'avais su
Où ce futur radieux pouvait bien me conduire,
Emporter mon enfance en enfer m'aurait plu,
Et mon rêve éperdu, qui pourrait le détruire ?
Mais les espérances déçues,
Mes rêves, mes délires,
Ont disparu.
Aux premiers jours d'hiver ils se sont envolés,
Mon coeur est disloqué comme un jouet cassé
Et les serments d'amour sont au sable effacés
Car trop de vague à l'âme a trop souvent coulé ;
Et je suis las de mon passé,
Même de me saoûler,
Ou d'y penser !
Mais le soleil demain va de nouveau briller
Et me montrer le cap vers d'autres horizons,
En mon coeur brillera un immense brasier
Dont doucement déjà grésillent les tisons,
L'espoir plus fort s'est réveillé,
Le ciel à l'unisson
Va scintiller !
(La Couronne, mai 1969 ; entre les doutes de l'adolescence et l'espoir dans l'avenir...)
(Poè me extrait du "Sentier des Cantilènes". Ed. Amalthée, Nantes)