Lundi 19 mai 2008
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Je suis un incorrigible vagabond. Avec ma tête et avec mes mollets, j'arpente indéfiniment de nouveaux chemins de traverse. Je suis, dans l'âme, un
nomade...
BIVOUACS SOUS LES ETOILES
Attablés au silence, au flanc de la planète,
Sous le regard du firmament,
Nous voyons onduler les cheveux des comètes
Au gré des vagues et du vent...
Nous buvons au goulot le nectar de la vie
Et dévorons à belles dents
L'immortelle jeunesse aux jeux inassouvis
Au clair d'un éternel printemps.
Nous chantons et rions au nez du temps qui passe
Et nous dansons sur nos années,
Souriant à la mort qui nous suit à la trace
En lui faisant un pied-de-nez !
Le temps suspend un peu son cours inexorable
A la chaleur du feu de camp,
Il y brûle son aile, et les cornes du Diable
S'enfuient devant nos yeux d'enfants ;
Et les flammes qui jouent avec ombre et lumière
Sur nos rêves primesautiers
Eclairent le chemin de notre vie entière
Au grand soleil de l'amitié.
(Ce poème, écrit le 11 mai 2005 à La Palud-sur-Verdon après un très beau bivouac
au-dessus des gorges, est dédié à toutes celles et tous ceux qui au cours de nos escapades diverses, m'ont aidé à garder la jeunesse au coeur...)
Poème extrait du "Sentier
des Cantilènes".
Mais, je voyage aussi dans la quatrième dimension : la poésie permet tout !
PELERINAGE
Nous sommes repartis vers nos jeunes années
En suivant des sentiers envahis d'herbe folles
Le long des souvenirs où les heures s'envolent
Au vent du temps qui passe et des rêves fanés.
Nous y avons guetté les chansons surannées
Emportées à jamais comme des fumerolles
Et regardé danser au lointain les lucioles
Autour de nos vingt ans sur des plages ruinées...
Mais la vie chante clair dans nos coeurs apaisés
Et notre oeil attendri peut enfin se poser
Sur tout ce que jadis a laissé de bonheur ;
Rien ne peut nous voler nos chimères d'été,
Et tandis que le soir descend avec lenteur,
Le temps s'est arrêté au bout de la jetée...
(Peyrolles-en-Provence, le 22 mai 2005, après une petite visite à La Couronne et à Carro, où, avec mon ami Jean-Jacques Vinot, j'ai partagé de grands moments de notre jeunesse).
Poème extrait du recueil "Alchimies".
Enfin, plus loin encore dans le temps - j'avais entre 5 et 10 ans - j'évoque dans ce sonnet un lieu de la campagne
aixoise, du côté du Montaiguet, qui était à cette époque, dans les années soixante, un hâvre de nature totalement vierge. J'y ai passé de merveilleuses vacances qui ressemblaient beaucoup à
celles du petit Pagnol dans "La Gloire de mon Père" ou le "Château de ma Mère"...
LE CABANON
On l'atteignait au bout d'une piste incertaine,
A peine carrossable, et le vieux cabanon,
Tout juste abri sous roche aux airs de Cro-Magnon,
Etait notre Amérique et nos terres lointaines.
Nous y avons rêvé des heures par centaines
Fait de cette tanière un Petit Trianon,
Nous y étions des rois ou, nouveaux Robinsons,
Régnions sur presque rien d'une candeur hautaine.
Et puis de la patience et beaucoup de sueur
En ont fait un logis solide et confortable
Où la joie réchauffait les têtes et les coeurs.
Il est toujours debout, ce Palais vénérable,
Et garde dans ses murs nos souvenirs d'enfants,
Qu'au pied du Montaiguet me murmure le vent...
(Peyrolles-en-Provence, le 16 mai 2008)
Poème inédit.