Vendredi 23 mai 2008
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HAIKU
Les haïku,
comme chacun sait, sont de petits poèmes d'origine japonaise. Ils n'ont l'air de rien, mais obéissent à des règles strictes et la maîtrise de cet art est difficile !
En langue japonaise, un haïku doit compter 17 pieds au total, comporter un élément de référence à la saison ou à la nature et observer un "principe de détachement", c'est-à-dire que
l'auteur ne se met jamais directement en scène.
Mais comme nous ne sommes pas des Japonais, nous avons adapté le haïku à notre culture et à notre langue.
Le haïku français classique doit lui aussi comporter 17 pieds souvent répartis en 3 vers, et obéit théoriquement aux autres règles du haïku japonais.
Personnellement, je ne respecte pas le principe des 3 vers, mais j'observe celui des 17 pieds, qui est fondamental, et j'y ai introduit une contrainte supplémentaire : les rimes.
J'y utilise aussi parfois des procédés fréquents dans la poésie française, comme l'allitération, l'assonance ; il m'arrive aussi de les combiner avec des acrostiches.
Le haïku est donc une sorte d'instantané poétique, écrit à partir d'un ressenti émotionnel éprouvé dans des circonstances très diverses. La difficulté principale de cette écriture est la
concision qu'elle exige, concision qui doit garder tout son contenu poétique et toute sa charge émotionnelle.
Voici 5 exemples de haïku que j'ai écrits :
Un visage
chéri
est un don de
Dieu
l'adieu
un puits
tari
(Jouques, le 9 mai
2005)
La rivière gronde
au fond des
gorges
profondes
le Styx pousse sa
forge
(Au bord des gorges du Verdon, 11 mai
2005)
Un petit
oiseau
sautillant
pépiant
sur un brin de
roseau
(Peyrolles, 13 mai 2005, pour ma
petite-fille)
Un ciel de
grisaille
et le vent
couleur de
muraille
passe en
rêvant
(Peyrolles, 14 mai 2005)
Bleue
la nuit
passe
en rêves
radieux
et tous les fantômes
s'effacent
(Aix-en-Provence, 14 mai 2005, 23 h
30)
Poèmes
inédits.