Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /2009 11:18
Je m'apprête à nouveau à abandonner ce "Coin de Toile" pour plusieurs jours. Je vais en effet repartir en montagne avec, en point de mire, la traversée très prochaine de la Meije.
Frédéric Jullien, guide de haute-montagne et ami, m'a appelé hier soir pour m'informer de sa disponiblité et des bonnes conditions de la montagne. Je vais donc partir certainement demain pour La Grave pour réaliser ce vieux projet qui sera, certainement, le couronnement - provisoire je l'espère ! - de ma modeste carrière d'alpiniste.
J'en suis heureux, et j'ai composé hier soir ce petit poème devant l'exaltation de l'action imminente.


BRANLE-BAS DE COMBAT !

Je repars :
on m'appelle,
je m'attelle
au départ !
Mes bagages
sont fin prêts,
je suis près
des nuages,
et le vent
m'accompagne !
Je m'éloigne
en rêvant...
Mon coeur chante
le défi
d'une vie
exaltante,
et je pense
au combat,
tout là-bas
qui s'avance,
en guettant
sur l'à-pic
le Grand Pic
qui m'attend...

(Peyrolles-en-Provence, le 26 juillet 2009)
Poème inédit


La pratique de l'alpinisme, même au très modeste niveau où je l'exerce, m'a beaucoup aidé à surmonter une fâcheuse tendance à la sous-estimation, de mes capacités, voire souvent à l'auto-dévaluation de mes réussites, dans de nombreux domaines.
Il est vrai qu'on m'a beaucoup "aidé" étant jeune dans cette image très négative que j'avais de moi-même, et que je ne peux pas m'empêcher d'avoir encore trop souvent, hélas, à mon âge déjà avancé !
Pendant mon adolescence notamment, on  ne m'a pas fait de cadeaux et les filles surtout, avec beaucoup de cruauté probablement inconsciente d'ailleurs, m'ont convaincu que j'étais affligé d'une laideur rédhibitoire liée essentiellement à ma  petite taille. Si bien que j'ai toujours été complexé par un physique qu'à tort ou à raison je pensais être parfaitement ingrat.
Aujourd'hui - avantage de l'âge ! - je n'accorde plus guère d'importance à l'apparence physique, mais ce poème en forme de conte évoque la souffrance qui a été la mienne dans ma jeunesse à cause de cette image déplorable que j'avais de moi-même. Et il est aussi un hommage à celle qui a vu autre chose en moi qu'un horrible nabot !


CONTE DE LA VIE ORDINAIRE

Il était une fois, dans une grande ville,
Un petit bonhomme fort laid...
Ou qui se croyait tel, et que l'on appelait
Par des noms moqueurs et débiles :
"Loin-du-Ciel", "Quart-de-Botte", ou bien "Ras-du-Gazon",
Et cela le rendait bien triste !
Face à la cruauté que l'on sait des enfants,
Il lui a fallu bien souvent
Jouer des coups de poings, puis être fataliste...
Les épreuves qu'il dut subir
Par l'abrutie stupidité des imbéciles
Et la complicité docile
Des troupeaux de moutons simples à asservir,
Ont rempli son coeur d'amertume.
Devant les malfaisants, les sots et les jaloux,
Il fallut vivre comme un loup,
Parfois mordre, et souvent se glisser dans la brume
Pour dissiper doutes et peurs.
Mais après les dragons, les goules, les sorcières,
Les combats contre les chimères,
Il a croisé un jour avec grande stupeur
Le doux sourire énigmatique
D'une fée bienveillante au milieu de la nuit,
Et la lumière, au fond du puits,
A jailli soudain de sa baguette magique.
Le petit homme insignifiant
Est tombé amoureux de cette bonne fée
Et a vu la nuit étoilée...
Ils se sont mariés et eurent quatre enfants.

(Peyrolles-en-Provence, le 24 juillet 2009)
Poème inédit




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