Jeudi 27 août 2009
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Voici aujourd'hui encore deux textes écrits à des époques fort différentes : le premier m'a été inspiré un soir alors que je
regardais les informations à la télévision, et que celles-ci s'attardaient sur un retour de week-end prévu difficile pour les automobilistes.
J'ai trouvé soudain amusantes et un peu absurdes ces réalités de notre vie moderne, et je me suis demandé ce que penseraient les anciens s'ils revenaient sur
terre en regardant ces drôles de...
TRANSHUMANCES
Certains jours de l'année, d'étranges transhumances
Partent en rangs serrés sur les routes de France
En quête de lointains et nouveaux pâturages
De neige ou de soleil, de cimes ou de plages.
En cortèges ronflants, fumants et hoquetants,
Elles traînent le long d'un voyage éreintant
Des sillages d'asphalte, et suivent la houlette
D'immobiles pasteurs en curieuse toilette
De panneaux, de signaux et de feux tricolores,
Sous le regard glacé d'implacables pandores
Qu'on leur a désignés comme chiens de bergers !
Ces drailles bitumées, par leur masse engorgées,
Retentissent de singuliers barrissements
Gueulés par des poitrails métalliques déments
Que d'impatients cornacs fouaillent et injurient !
Dans un joyeux foutoir, cette ménagerie
S'installe un beau matin sur son coin de pacage,
Puis, quelques jours plus tard s'en retourne à sa cage,
Et la vie continue au rythme des vacances
Qui conduisent le train des grandes transhumances...
(Peyrolles-en-Provence, le 7 mars 2005)
"Le Sentier des Cantilènes", éd. Amalthée - Nantes
Et retour lointain dans le passé, avec ce texte curieux, sorte d'exercice de style en forme de
vague calligramme, peu habituel dans ma production de jeunesse qui était surtout marquée par une forte introspection poétique et mélancolique.
Je me souviens bien avoir rédigé ce poème un soir, tard, dans ma chambre de Bois-Lemaître, alors que le sommeil tardait à venir...
A L'OREE DU SOMMEIL
Mes yeux accoutumés à cette obscurité
Distinguent dans le peu qui reste de clarté
Les formes esquissées d'une plume hésitante
Qui entourent mon lit d'une ambiance inquiétante.
Hypnotisé par des yeux insolites,
Je vois cent mille étoiles qui gravitent
Dans les replis de la chaleur feutrée
Et dans ses rêts je suis enchevêtré...
Puis, je glisse au fond du néant
Comme dans un gouffre béant
Dont les parois capitonnées
Auréolent la maisonnée
D'un halo de silence...
Et dans ma somnolence
Des chimères s'ébauchent
Et la vie s'effiloche ;
Dans le lointain
Tout s'éteint
Sans bruit...
Nuit.
(Marseille, février 1970)
"Le Sentier des Cantilènes", éd. Amalthée - Nantes
