Samedi 3 octobre 2009
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Je pars à nouveau pour les années 2005-2006, époque de très féconde production
poétique parce que je traversais des moments à la fois difficiles et exaltants, faits de questionnements, de doutes, d'inquiétudes, mais aussi d'espoir et de curiosité avant la période cruciale
de la retraite. Ayant déjà largement dépassé le cap difficile - en tout cas pour moi ! - de la cinquantaine, je jetais volontiers des regards nostalgiques en arrière.
Et maintenant que se profile l'ombre de la soixantaine, malgré une sorte de fatalisme que je suis bien obligé d'adopter, je ne vois pas passer le temps avec plus
de sérénité.
Je sais bien que personne ne revient de ce voyage terrestre, d'où le titre de ce poème aux vers curieusement agencés, les deux premiers rimant avec le dernier,
comme si je voulais remonter le cours du temps :
ALLER SIMPLE
Où sont les sentiers oubliés
Et mes chemins des écoliers ?
Où sont passé,
Parmi tant de papiers froissés,
Les débris des jouets cassés ?
Où sont restées
Les amourettes emportées
Aux brises des lointains étés ?
Qui m'a volé
Au nez des années envolées
Les serments des nuits étoilées ?
J'ai égaré
Mes illusions... Désemparés,
Mes rêves se sont déchirés
Et distordus
Aux ronces des chemins perdus
Parmi les jardins défendus
Des souvenirs.
Le temps que je veux retenir
Coule des doigts du devenir
Comme d'un sablier...
(Peyrolles-en-Provence, le 22 novembre 2005)
"Alchimies", éd. La Société des Ecrivains - Paris
Et le suivant exprime encore plus d'incertitudes, mais il se termine, comme souvent, sur une belle lueur d'espoir...
NOCTAMBULE
Je chemine à tâtons dans un sombre tunnel
A travers un désert enveloppé de brume
Guidé par des lueurs d'espoirs irrationnels
Et traînant avec moi des ombres d'amertume.
J'avance en titubant sous les flèches croisées
Que le destin décoche en éclatant de rire,
Et je souris aussi d'un air désabusé
En essayant surtout de ne pas trop maudire...
Je trébuche souvent dans ces couloirs obscurs,
Je me heurte à des murs, me rue dans des impasses,
Mais je ne cherche pas les chemins les plus sûrs
Dans les mailles serrées du temps et de l'espace.
Ma chandelle vacille au milieu des ténèbres
Sous des courants d'air froid qui me glacent le coeur,
Mais je ne cède pas aux sirènes funèbres
Et ma flamme s'élève et danse avec vigueur !
La route est difficile et la nuit est profonde,
Le diable rit toujours dans cette obscurité,
Le ciel est bien couvert et le tonnerre gronde,
Mais au bout du tunnel, quelle est cette clarté ?...
(Peyrolles-en-Provence, le 8 février 2006)
"Alchimies", éd. La Société des Ecrivains - Paris