Jeudi 10 décembre 2009
4
10
/12
/2009
19:47
Il y a entre la nourriture et la sexualité beaucoup de similitudes : se nourrir est nécessaire à la survie de l'individu, copuler est indispensable à la survie de l'espèce. Mais ces nécessités animales n'excluent
pas que l'on puisse y trouver du plaisir, et ce n'est pas pour rien si sur la Toile, les sites les plus nombreux sont ceux qui traitent de cuisine et
de sexe !
Comme je l'ai lu récemment dans "L'Antimanuel de Philosophie", excellent ouvrage de Michel Onfray, "l'érotisme est à la sexualité ce que la gastronomie est à la
nourriture".
C'est ce raffinement dans la satisfaction de besoins vitaux qui font aussi notre humanité. Et c'est ce qui m'a inspiré le poème suivant :
L'AMOUR EST UN METS DELICAT
L'Amour se déguste à feu doux,
A petites bouchées gourmandes...
Et même si, dans le fait-tout,
Il bouillonne et qu'on en demande
Plus pour calmer notre appétit,
Il lui faut une mise en bouche,
Quelques hors d'oeuvres inédits
Et point de fricots à la louche !
D'abord le dévorer des yeux,
En imaginer les fragrances,
Humer ses parfums luxurieux
Avant que de faire bombance.
Ne point négliger le décor,
Le servir avec du champagne,
Ecouter de tendres accords
Avec la lune pour compagne...
Poivrer, saler légèrement
Et pour en relever l'extase,
Ajouter un peu de piment ;
Enfin, parler sans grandes phrases :
L'Amour n'aime que les mots doux.
Et qu'importent les réprimandes,
L'Amour se déguste à deux fous !
(Peyrolles-en-Provence, le 10 décembre 2009)
Poème inédit
Et après ce texte somme toute assez sérieux, en voici un autre beaucoup plus léger. Il m'a été
inspiré par un ami qui me racontait que, lorsqu'il était à l'école, il avait eu une institutrice particulièrement retorse qui avait l'habitude de mettre les enfants trop turbulents sous son
bureau, non sans leur avoir administré au préalable une bonne fessée... Mais bien sûr, aucune instritutrice actuelle ne s emontre aussi perverse !
PUNITION ?...
Jean-Petit ne danse plus,
Et, diable, il l'a bien voulu :
La maîtresse l'a puni
Pour sa vilaine manie
De lorgner obstinément
Sous les jupes des mamans !
Il a dû copier cent fois
Qu'au grand jamais il ne doit
Epier ainsi les dessous
Des dames comme un voyou,
Mais il a recommencé,
La maîtresse l'a fessé !
Pensant qu'il avait compris,
Elle l'a pourtant surpris
La tête sous les jupons
De sa voisine Manon !
Qu'a donc fait l'institutrice
Pour le guérir de ce vice ?
Elle a coincé Jean-Petit
Pendant tout l'après-midi
A ses pieds, sous son bureau,
Pour qu'il s'y tienne à carreau...
Mais notre petit martyr
N'a plus voulu en sortir.
Qu'y avait-il sous la table,
Mis à part un vieux cartable,
Pour qu'il s'y trouve à son aise ?
Après bien des hypothèses,
Il semble qu'il ait trouvé
Plus que matière à rêver...
(Sorrento, Baie de Naples, le 13 juillet 2006)
"Le Pot-au-Feu du Bouc", recueil inédit
Et puis, pour conclure, un haïku un peu désabusé... mais peut-être réaliste !
Les jeux d'amour
et de hasard
finissent toujours
dans le placard
(Peyrolles-en-Provence, le 10 décembre 2009)
Inédit