Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 14:26
*Nota : Bien que plutôt "gentils", deux de ces textes sont peu adaptés à de jeunes lecteurs.
Trève de sérieux, les articles des derniers jours en ont eu leur dose, et passons aujourd'hui à un autre genre. Tout d'abord, un texte qui est un pied-de-nez aux censeurs littéraires de tout poil ; il s'agit d'un "faux sonnet" - j'en ai commis un grand nombre et n'en suis plus à une imposture près ! - constitué déjà d'octosyllabes ce qui, bien que toléré, n'est pas très académique, mais dont les quatrains, en plus, comportent des rimes croisées. Tout cela n'est pas très sérieux, j'en conviens volontiers, mais, comme je le clame haut et fort dans ce titre provocateur, je persiste et signe...

ET J'EMMERDE L'ACADEMIE !

Entonnons donc un autre chant,
Un faux sonnet, ne vous déplaise,
Car j'aime aller à travers champs,
Sans barrières, le coeur à l'aise !

Et, suivant ce mauvais penchant,
Souffrez qu'avec la Loi je biaise,
Et, de huit pieds, toujours trichant,
Je compose cette fadaise !

Mais, si j'en avais le talent,
Je serais bien plus insolent,
Ou peut-être encor plus fumiste :

Je ferais des vers d'un seul pied,
Et danserais, la gueule en biais,
Sur un rythme d'unijambiste !

(Perpétré sans témoin  à Peyrolles-en-Provence, le 3 novembre 2009, pour ne servir et valoir ce que sans droit...)
Poème inédit... et je m'en fous.

Les deux suivants sont des ingrédients extraits du "Pot-au-feu du Bouc". Le premier évoque une drôle de rencontre lors de ma traversée de l'Arc Alpin à VTT durant l'été 2007. L'entrée dans un bar autrichien dans lequel je buvais innocemment une bière - avec laquelle j'ai d'ailleurs failli m'étrangler - d'un couple aussi atypique qu'improbable, m'a inspiré ce texte peu charitable :
- Lui : un grand échalas d'au moins 1.90 m, au visage que je n'ose qualifier de chevalin par respect pour la plus belle conquête de l'Homme, visage qu'ornait avec une certaine recherche - de quoi, d'ailleurs ? - une fine moustache poivre et pisse.
- Elle : une chose oblongue, innommable, dont la masse devait dépasser les 300 livres sans les os, et dont l'existence, admise par je ne sais quelle inadvertance du Créateur, ne pouvait être que le fruit des amours inacceptables d'un phacochère et d'un éléphant de mer. C'est plus précisément cette erreur de la Nature qui m'a soufflé ces vers regrettables...


L'AMOUR EST AVEUGLE

Elle avait le regard torve,
 De sales cheveux crépus,
De son nez coulait la morve
Sur sa grande bouche lippue.

Elle avait de gros nichons
Sous son quadruple menton,
Et elle avait l'air ronchon
Avec sa voix de baryton.

Elle avait des bras énormes,
Des épaules de colosse
Et d'épaisses mains informes,
Il ne lui manquait que la bosse !

Elle avait l'haleine fraîche
Comme une bouche d'égoût,
Le poil noir et la peau rêche,
Mais il en faut pour tous les goûts !

Elle avait de gros jambons
Et de vastes fesses molles,
Dans le cochon, tout est bon,
Dit-on...mais moi, point n'en raffole !

Elle a trouvé un mari
Un beau jour, pourtant, la grosse,
Mais on dit qu'il a péri
Etouffé, la nuit de ses noces...

(Obervellach, Autriche, le 15 juillet 2007)
"Le Pot-au-Feu du Bouc", recueil inédit)

Et le dernier est dédié à tous les vieux salopards, pervers, lubriques et cochons libidineux. Que la chtouille les emporte !


LA BELLE ET LE COCHON

Mon vieux grand-père asthmatique
Aime mon amie Suzon,
Il a le regard lubrique
Quand elle est dans la maison
.

Et pourtant je lui répète
Qu'elle n'a que dix-huit ans,
Mais il a perdu la tête
Et se revoit au printemps !

Je crois qu'il voudrait lui lire
Des contes sur ses genoux,
Et se croit dans son délire
Barbe-Bleue ou loup-garou !

Car il lui a déclaré
Qu'il aimait son teint de pêche
Et qu'en ogre déluré,
Il appréciait la chair fraîche !

Il lui a dit "tu ressembles
A la Belle au Bois Dormant,
Allons faire un tour ensemble,
Je suis ton Prince Charmant !"

Jouant au Grand Méchant Loup,
Il lui fit d'un air coquin :
"Regarde le beau joujou,
Comme j'ai un gros machin !"

Et savez-vous, entre nous,
Ce qu'a répondu Suzon :
"Tu n'es ni ogre ni loup,
Mais tu n'es qu'un vieux cochon !"

(Peyrolles-en-Provence, le 13 avril 2006)
"Le Pot-au-Feu du Bouc", recueil inédit





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