Samedi 31 octobre 2009
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Ce 31 octobre n'éveille pas chez moi de bons souvenirs.
C'est en effet un 31 octobre qu'est mort mon père, alors âgé de 49 ans, le lendemain de mon mariage... Triste anniversaire !
C'est donc une période particulière que ces jours autour de la Toussaint, jours du souvenir des disparus, jours de mélancolie à la lumière triste, faiblissante,
propice à l'introspection et au repli sur soi.
Pourtant, je ne me sens pas triste aujourd'hui. Le visage aimé des disparus rayonne à jamais dans mon souvenir, témoignage éternel des jours heureux et de nos
jeunes années. C'est à eux tous que s'adresse ce poème :
JE LES VOIS TOUJOURS !
A l'ombre des jours
Passent les visages,
Restent les images...
Je les vois toujours !
Passent les semaines,
Les mois, les années,
Les joies surannées
Chantent leur rengaine...
Je les vois toujours !
Les rides se creusent,
La sombre faucheuse
Frappe sans recours ;
Des ombres fugaces
Glissent tour à tour...
Je les vois toujours,
Et les années passent !
Au hasard des rues
Traînent les décombres
Et battent dans l'ombre
Les coeurs disparus.
Leurs yeux, leur sourire,
Je les vois toujours...
Malgré mon coeur lourd,
Je préfère en rire !
(Peyrolles-en-Provence, le 31 octobre 2009)
Poème inédit
Et ce dont je veux me souvenir le plus de ces disparus, c'est que je les ai aimés, et qu'il m'ont aimé. Et peut-être qu'au
fond c'est tout simplement cela, vivre... c'est
AIMER...
Je peux me damner pour un être aimé,
Me priver de pain, marcher sur les flammes
Et devant Satan, le coeur consumé,
Pour un seul regard lui vendre mon âme.
Je pourrais aussi vaincre les dragons,
M'inviter le soir au bal des sorcières,
Danser sous la lune avec les démons,
Pour un seul regard mordre la poussière...
Je peux tout donner pour quelqu'un que j'aime,
Souffrir le martyre et chanter quand même !
Pour le seul bonheur d'un regard complice
Je peux endurer les pires tourments,
Transformer un monstre en Prince Charmant
Et un soir d'orage en feu d'artifice,
Je peux traverser les déserts brûlants
Pour un mot glissé au bord d'un sourire,
Ou en inventer d'autres pour écrire
Sur l'aile du vent des vers insolents.
Je pourrais gravir de hautes montagnes,
Parcourir les mers et les océans
Et par tous les temps battre la campagne
Pour m'en retourner au bout du néant,
Si le seul reflet d'un tendre visage
M'accompagnait vers le dernier voyage...
Je pourrais subir la glace et la fièvre
Devant la douceur d'un regard chéri
Et, sur un seul geste, avec crânerie,
Marcher à la mort le sourire aux lèvres !
Pour un être aimé, je veux me damner,
Mais vivre surtout de longues années...
(Peyrolles-en-Provence, le 10 janvier 2006)
"Alchimies", éd. La Société des Ecrivains - Paris
