Samedi 30 janvier 2010
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Pour changer un peu, voici aujourd'hui deux textes plutôt guillerets. Le premier est une vraie cantilène ; ce mot désigne à
l'origine un terme musical désignant un style de mélodie italienne ayant pour thème l'amour. Au moyen-âge, il s'agissait souvent de poèmes chantés par les troubadours ou les trouvères, et le
premier texte poétique en langue d'oil - probablement en ancien picard - est sans doute la Cantilène de Sainte-Eulalie écrite en 880 ou 881 en
l'abbaye de Saint-Amand près de Valenciennes par un auteur inconnu. La mienne ne prétend pas se comparer à ces
grands anciens, et son titre est un jeu de mots sur le titre de mon premier recueil de poèmes :
CANTILENE DES SENTIERS
J'ai suivi bien des sentiers
des très raides
et sans aide
j'ai suivi bien des sentiers !
J'en ai gravi de sévères
souvent
et la tête dans le vent
des austères
sans m'en faire
et la tête dans le vent !
J'en ai parcouru de drôles
et j'en ai pris de moins gais
j'ai flingué
mes guiboles
et j'en ai pris de moins gais !
Je me suis fichu par terre
et je me suis relevé
énervé
en colère
et je me suis relevé...
Je ne suis pas arrivé !
(Peyrolles-en-Provence, le 30 janvier 2010)
Le suivant est de mon grand-père,
Francor, qui était un joyeux luron même s'il a écrit des poèmes graves, souvent très émouvants. Il s'amusait régulièrement à écrire des chansons à partir de mélodies existantes, et celle-ci
s'adresse à un grand-oncle décédé depuis longtemps, "l'Oncle Frédéric" comme nous l'appelions tous. C'était un personnage fantasque, un original, forgeron de son état, grand et maigre mais
fort comme un Turc, et accordéonniste à ses heures. Je devais n'avoir qu'une dizaine d'années lorsqu'il est mort mais je garde un souvenir attendri de ce grand escogriffe bourru qui devait
avoir pour moi beaucoup d'affection, car il m'avait offert pour l'un de mes anniversaires, un très beau petit accordéon dont je n'ai jamais été capable, hélas, de tirer grand chose ! A
travers la chanson de Francor, je te salue, Oncle Frédéric !
FREDERIC
Refrain :
Il existe sur cette terre
Point de si franc et gai loustic
Que Frédéric !
Toujours égal de caractère
C'est bien le garçon le plus chic,
Ce Frédéric !
Connu à vingt lieues à la ronde
Pour ses bons mots et son comic'
Le Frédéric,
Il est aimé de tout le monde,
Chacun le trouve sympatic'
Mon Frédéric !
Plus d'une jeune et jolie fille
Après un joyeux pique-nic'
Voudrait bien partager sa vie
Avec cet être fantastic'
Qu'est Frédéric !
Mais, se gardant de toute chaîne,
A chacune il répond : "Bernic' !
Le Frédéric !
Puis voyant qu'il fait de la peine,
Il accorde un bécot pudic'
Le Frédéric !
I) Dès que vient le
printemps,
Dans les
bois il va chantant
Tout en
cueillant des fleurs
Il refait
le merle siffleur,
Pour mieux
calmer sa faim
Il joint à
son morceau de pain
Les fruits d'un vert buisson
Et l'eau de source est sa boisson.
S'endormant au pied d'un grand chêne,
Il fait des rêves magnific's
Et s'éveille l'âme sereine,
Croyant l'univers pacific' !
Refrain :
Avec sa profonde sagesse
Il ne court pas après le fric,
Le Frédéric !
Il affirme que la richesse
Donne lieu à de vils trafics,
Le Frédéric !
Préférant l'amitié sérieuse,
Seul sentiment plus authentic',
Dit Frédéric,
Que l'amour, chose précieuse,
Mais souvent bien trop impudic',
Dit Frédéric !
Autos, radios, aéroplanes,
Certes, tout cela est pratic',
Mais il n'est heureux que s'il flâne
A l'écart du bruyant public,
Le Frédéric !
Si le sport le laisse sceptic',
C'est qu'il préfère la music',
Le Frédéric,
D'un accordéon chromatic'
Dont il sort des sons magnific's
Le Frédéric !
II) Si tous, jeunes et vieux,
Nous n'étions pas plus envieux
Que ce bon Frédéric,
L'existence serait magic',
Sur terre et dans les airs
Plus de ces engins que l'enfer
Créa, n'en doutez pas,
Pour activer notre trépas.
Si chacun sur notre planète
Avait les goûts de Frédéric,
Nos savants resteraient tout bêtes
Avec leurs bombes atomic's !
FRANCOR
(Marseille, juin 1950)
Quant au dernier, je l'ai écrit alors que j'étais encore en activité professionnelle en l'honneur - si je puis m'exprimer
ainsi ! - d'une personne fort désagréable qui évoluait dans notre milieu. Mais depuis, le temps a passé et je lui ai pardonné, alors au fond, si le Diable doit jeter sur elle son dévolu,
qu'elle y prenne bien du plaisir !
QUE BELZEBUTH LA CULBUTE !
Il était une sorcière
Petite, petite, petite,
Qui nous faisait bien des misères,
Puisse-t-elle être maudite !
Il était une rombière
Mesquine, mesquine, mesquine,
Qui emmerdait la terre entière,
Que Satan la turlupine !
Il était une mégère
Radine, radine, radine,
Vindicative et mensongère,
La peste la ratatine !
Il était une harpie
Méchante, méchante, méchante,
Qui nous harcelait sans répit,
Que les cauchemars la hantent !
Halte à la Fée Carabosse
Vilaine, vilaine, vilaine,
Ce n'était qu'une vieille rosse,
Que la bouffe la gangrène !
Mort à cette maritorne
Sournoise, sournoise, sournoise,
Qui nous a tant cherché de noises,
Et que le Diable l'encorne !
(Peyrolles-en-Provence, 21 mars 2006 ; toute ressemblance avec un personnage réel n'est absolument pas fortuite)
("Le Pot-au-Feu du Bouc" - Recueil inédit)
Par Vieux Loup
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