Jeudi 24 décembre 2009
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Francor, mon grand-père, comme tous les poètes croyait au Père Noël. Et, bien entendu, il l'a rencontré. Là-haut, par-delà les
nuages et nos misères humaines, il le côtoie avec le Bon Dieu, et je suis sûr qu'il prie beaucoup pour nous. Qu'il salue de ma part tous ceux qui nous ont quittés : Marguerite (les deux !), Edmond, Florestan, Paulette, Gaston, "Mickey", Germaine,
Charles-le-Cheminot, Fernand, Fabien et toutes celles et ceux que j'oublie mais qui sont présents dans mon coeur. Qu'ils fassent un bon gueuleton avec tous les copains qu'ils doivent avoir au
Paradis, et qu'ils nous fassent une petite place quand notre tour viendra.
Ce soir, je boirai à leur santé.
DIALOGUE AVEC LE PAPA NOËL
A l'heure où tant de joyeux mortels
Sont heureux de faire ribote,
J'ai rencontré le Papa Noël
L'air transi, ployant sous sa hotte.
M'approchant du vénéré vieillard,
Je lui dis avec déférence :
"Braver ainsi le froid, le brouillard,
A votre âge, quelle imprudence !"
Mais le bon Vieux, me prenant la main,
Répondit avec un sourire :
- Faisons ensemble un bout de chemin,
Et ma vie je vais vous décrire.
Tous les ans, par les monts, les vallées,
Je m'en vais en portant ma hotte
Sans souci de la pluie, des gelées,
L'homme heureux jamais ne grelotte ;
Je connais le bonheur absolu
Qui consiste à aimer les autres ;
Personne de mon coeur n'est exclu,
De la joie je me fais l'apôtre ;
Aux tout-petits j'apporte l'espoir,
Les grands m'aiment à leur manière,
Chacun est tout heureux de me voir,
Du château à l'humble chaumière.
- Papa Noël, ai-je demandé,
Avez-vous quelque préférence
Parmi les gens que vous abordez,
Les pays ou bien les croyances ?
Papa Noël, vous le savez bien,
Les enfants ne sont pas tous très sages,
Certains pays ne sont pas chrétiens,
A plus d'un la foi porte ombrage ;
Aussi je crois qu'il serait humain
Que vous prodiguiez vos largesses
Aux nations, aux hommes, aux gamins
Qui ont foi en votre sagesse.
- Mon cher ami, je vous l'ai conté,
Me rétorqua le Patriarche,
En digne descendant de Noé
De mon coeur j'ai construit une arche ;
Tout être humain peut y pénétrer,
Je fais fi des couleurs, des races :
Quiconque vit n'est-il pas sacré,
Au soleil n'a-t-il pas sa place ?
C'est pour cela que, sans hésiter,
A chacun je donne l'obole,
Pensant que de la Fraternité
Elle est un éclatant symbole.
FRANCOR
(Marseille, décembre 1953)
Poème inédit
Quand à moi, avec ce petit acrostiche, j'engage bien humblement mes contemporains à ne jamais
renier leur foi, quelle qu'elle soit : mais la vraie, sincère, simple, tolérante, et même, si possible, naïve.
"Heureux les innocents, car le Royaume des Cieux leur appartient".
N'en doutez pas, et comme les petits enfants,
Osez croire, et rêvez que d'aimer porte chance,
Et si dans votre coeur reste un peu d'innocence,
Le Bonhomme viendra sur les ailes du vent !
(Peyrolles-en-Provence, le 24 décembre 2009)
Inédit
Par Vieux Loup
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