Mardi 17 novembre 2009
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Je prends ici le mot "hôtes" dans ses deux sens : celui qui reçoit comme celui qui est reçu. Car cet article est dédié aujourd'hui
aux gîtes, refuges et autres bivouacs que nous autres, randonneurs et alpinistes, hantons régulièrement au cours de nos échappées en montagne. Il
s'adresse donc aussi à celles et ceux qui en sont les gardiens, gérants ou propriétaires.
Il en existe de toutes sortes de ces établissements de passage, pour la plupart tenus par des gens sérieux et honnêtes, soucieux de faire bon accueil à leurs
visiteurs éphémères, le plus souvent en leur offrant une très bonne table !
Cela a été le cas dans le gîte où nous avons passé la nuit de samedi à dimanche dernier, "L'Agapanthe" - auquel je fais un peu de "pub" en passant ! - à Manteyer
près de La Roche des Arnauds, tenu par un jeune couple fort sympathique.
La soirée précédant une randonnée ou une ascension en montagne fait partie des moments forts de la vie de l'alpiniste ou du randonneur, car c'est là, comme je le
dis à la fin de ce poème, que se forgent les rêves...
NOS CHÂTEAUX EN MONTAGNE
Il y en a perdus au fond
De vallées oubliées du monde,
D'autres perchés sur des pitons
Surplombant des gorges profondes ;
Il s'en trouve au bord de ruisseaux
Gazouillant des airs bucoliques
Accompagnés par les oiseaux
Sur un paysage idyllique ;
Certains ont des airs de palais,
D'aucuns se veulent plus rustiques,
Les uns coquets, les autres laids,
Parfois guindés, souvent pratiques ;
Il y en a que l'on atteint
Au prix d'une rude escalade,
Et que l'on quitte grand matin
Pour on ne sait quelle escapade ;
Il en est beaucoup où l'on vient
Très bourgeoisement en voiture,
Des tables où l'on mange bien,
Mais où l'on serre la ceinture
Chez quelques rares gargotiers !
On y est comme des sardines
Pressés, asphyxiés à moitié
Et suffoquant jusqu'à matines...
Mais on croirait presque parfois,
Vautrés sur des couches spatieuses,
S'endormir dans des draps de soie,
Bercés d'illusions délicieuses !
Des hôtes aux rudes manières
Ont des allures de matons,
Mais d'autres t'ouvrent leur chaumière
Et leur coeur tout grand, sans façons...
Ces hâvres sont nos camps de base,
Nos tanières ou nos manoirs,
Où se tissent en quelques phrases
Nos lendemains et nos espoirs.
Mais qu'on les appelle cabane,
Gîte, refuge ou simple abri,
C'est là, bien souvent, que l'on glane
Les rêves qui n'ont pas de prix !
(Peyrolles-en-Provence, le 17 novembre 2009)
Poème inédit
Le repas du soir est donc un moment important ! Samedi, nous avons eu droit à une tartiflette
comme plat de résistance... C'est très bon, mais d'ordinaire, c'est assez lourd à digérer et nous avons pas mal plaisanté là-dessus au cours de la soirée, et Robert, à un moment donné m'a
suggéré, sur le ton de la galéjade, d'écrire un poème sur ce thème. Or, je l'ai déjà dit, je relève toujours les défis poétiques pour peu qu'on me laisse du temps ! Voici donc un petit
acrostiche... alimentaire !
Tu iras te coucher la panse bien remplie,
Avec l'apaisement du devoir accompli ;
Repu, tu tarderas à t'endormir, sans doute,
Tu verras s'écouler les heures, goutte à goutte,
Impitoyablement pris par l'indigestion !
Fréquemment tu devras te lever à tâtons
La nuit pour étancher une soif douloureuse,
Et au petit matin, la cervelle brumeuse,
Tourmenté par l'effet d'un plantureux dîner,
Tu iras, titubant dans l'aurore frileuse,
Espérant que l'effort t'aide à l'éliminer !
(Peyrolles-en-Provence, le 17 novembre 2009)
Inédit