Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 20:00
Il est bien connu que la vie est un combat perpétuel :  pour sa survie face à la maladie ou l'adversité, pour la réussite sociale, contre la tentation, l'envie et tous les sentiments négatifs, ou contre soi-même et ses propres démons. Et lorsque tout cela ne suffit pas, on s'invente des défis dans le sport ou, pire, on fait la guerre !
Mais, si le combat est nécessaire à l'homme, autant que celui-ci le mène sur des terrains pacifiques comme je l'ai déjà écrit pour l'alpinisme.
L' alpinisme se pratique généralement en binôme, ou à trois, et cette équipe, extraordinairement solidaire, s'appelle la cordée. Sa solidarité est matérialisée de la façon la plus tangible qui soit par ce lien précieux qu'est la corde. Très rares sont les alpinistes qui se passent de cet allié, vrai gardien de la vie puisqu'ils la lui confient entre les mains vigilantes du camarade...


NOTRE CORDE

Unissant nos destins, c'est plus qu'un fil d'Ariane,
Elle peut garantir le retour,
Autorisant replis, retraites ou détours,
Protégeant nos caravanes.

Elle est notre force et notre arme absolue,
Notre ligne de vie au-dessus du vertige,
Celle qui permet de faire des prodiges
Lorsque le coeur est irrésolu.

Car c'est ce lien qui soutient le courage,
Qui le nourrit comme un cordon ombilical
Pour nous hisser sur le vide fatal
Quand le combat fait rage !

(Peyrolles-en-Provence, le 22 novembre 2009)
Poème inédit

Peu avant la rédaction de ce texte, notre fidèle alliée m'avait inspiré ce haïku, avec un clin d'oeil symbolique au passage, pour Dame la Meije...

La corde file
dans le ciel bleu,
ligne fragile
sous le doigt de Dieu...

(Peyrolles-en-Provence, le 22 novembre 2009)
Haïku inédit

Mais il est d'autres sortes de combats dans la vie, ceux que l'on mène au cours des jeux dont parlait Marivaux, et dans lesquels j'ai été un bien piètre stratège !

DRÔLE DE GUERRE

Je me suis dégagé de bien des embuscades,
J'ai enlevé aussi beaucoup de barricades
Dans les combats douteux d'amour et de hasard,
Sur des champs de soleil, de pluie, ou de blizzard...

Souvent je n'ai pas vu sur le champ de bataille
Où était l'ennemi à travers la mitraille
Des regards assassins et des traits enflammés,
Et j'ai été vaincu sans combattre jamais.

Parfois j'ai évité de croiser l'adversaire
Pour mener en secret des luttes solitaires,
Je n'ai pas voulu voir les javelots pointés
Sur mon coeur, et m'en suis allé désappointé.

Quelquefois je me suis aussi laissé surprendre
Et j'ai perdu ainsi l'occasion d'entreprendre
Une belle conquête ne la laissant s'enfuir
Pour regarder au loin l'espoir s'évanouir.

Mais bien souvent, surtout, sur le terrain conquis,
J'ai regardé pousser la friche et le maquis ;
Pour n'être pas allé jusqu'au bout de la gloire,
J'ai remporté beaucoup d'inutiles victoires...

(Peyrolles-en-Provence, le 29 janvier 2006)
"Alchimies", éd. La Société des Ecrivains - Paris






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