Dimanche 8 novembre 2009
7
08
/11
/2009
10:30
Très occupé ces derniers jours par mes activités extérieures, j'ai un peu délaissé ce
"Coin de Toile". Retour donc aujourd'hui sur deux textes écrits il y a quatre ans. Le premier évoque mon éternelle tendance à souffler le chaud et le froid sur mon existence et, à travers mon
incorrigible pessimisme, à entrevoir toujours, dans de problématiques lointains, de belles lueurs d'espoir...
CHAUD EFFROI
Je m'avance aujourd'hui dans un épais brouillard,
Ma route est incertaine et le soleil se couche
Sur des ombres tordues aux airs de corbillard,
tandis que le sourire expire sur ma bouche...
Je chemine à tâtons au milieu de la nuit
Où les constellations s'éteignent une à une,
Je traîne dans mon dos un sillage d'ennui
Et rôde comme un loup qui hurle sous la lune.
Quel ressort s'est brisé dans l'horloge des jours
Pour qu'aujourd'hui l'instant batte mal la mesure ?
Où me suis-je égaré ? Par quels obscurs détours
Ai-je subi soudain ces perfides blessures ?
Le doute me conduit par des chemins retors
Sur des terres brûlées et des monceaux de ruines
Où plane le vol lourd des oiseaux de la mort
Dans le ricanement des heures assassines...
Allons, relève-toi, petit homme chétif,
Dresse-toi au-dessus de l'effroi des tempêtes,
Bouscule ton destin comme un cheval rétif
Et chevauche au galop en chantant à tue-tête !
(Peyrolles-en-Provence, le 26 novembre 2005)
"Alchimies", éd. La Société des Ecrivains - Paris
Le second est plus enthousiaste. Je suis un matinal, car j'aime
profiter des journées au maximum, et si je ne déteste pas m'octroyer des moments de contemplation, j'aime à affirmer aussi que "la joie de vivre est dans l'action ! "
LE MONDE APPARTIENT AUX LEVE-TÔT
J'aime me lever avant l'aube
Alors que le jour se dérobe
Aux doigts encor gourds du matin
Et que s'attardent, incertains,
Sur les corps endormis les rêves
S'offrant une dernière trêve.
J'aime, lorsqu'il fait encor nuit,
Boire, tranquille, un café noir
Au seuil d'un nouvel aujourd'hui,
Seul, grand seigneur en son manoir,
Pour un instant maître du monde,
Y croire un peu, quelque secondes.
J'aime voir poindre le soleil
Comme une nouvelle promesse
Au bout d'une nuit de détresse,
Ecoutant le chant du réveil,
J'aime voir se lever l'aurore
Quand les rêves traînent encore...
(Peyrolles-en-Provence, le 27 décembre 2005)
"Alchimies", éd La Société des Ecrivains - Paris