Vendredi 8 janvier 2010
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Malgré le mauvais temps - au demeurant bien normal en cette période hivernale ! - voici aujourd'hui un poème de
mon grand-père Francor, grand amoureux de sa terre natale, même si, il faut bien le dire, il n'était pas toujours très oibjectif dans ce domaine... Mais il est vrai que l'amour est aveugle ! Pour
ma part, même si j'aime aussi la Provence et je lui ai dédié un texte, "A moun Païs" où j'essaie de lui exprimer cette affection, je ne lui reconnais pas que des qualités, loin s'en faut. Les
gens d'ici ne sont pas non plus des saints, au demeurant ni pires ni meilleurs qu'ailleurs. Mais pour rester dans les poncifs, on dit aussi : "Qui aime bien châtie bien" !
Aujourd'hui, l'image qu'offre notre région est bien loin du tableau idyllique qu'en fait mon vénéré grand-père, mais je crois que jusqu'à sa mort il avait gardé beaucoup de naïveté et beaucoup
d'illusions... En un mot, il était resté jeune !
VENEZ DANS MON PAYS
Si vous connaissiez mon charmant pays,
Vous qui me parlez si souvent du vôtre,
Vous seriez séduit par sa poésie
Et vous n'iriez plus en habiter d'autre.
Imaginez-vous un ciel doux et bleu,
Un ciel rarement assombri de voile,
Où brille un soleil vif et généreux,
Où toutes les nuits brillent les étoiles.
Imaginez-vous, par un clair matin,
Parcourant nos champs couverts de lavande,
Ou sur nos côteaux respirant du thym
Les douces senteurs qui dans l'air s'épandent.
Vous seriez surpris de voir tant de fleurs
Hiver comme été, constamment écloses ;
C'est qu'en mon pays le soleil blagueur
En toutes saisons fait fleurir les roses.
Vous admireriez le bleu de la mer
Et verriez jouer depuis le rivage
Dans les flots câlins, paisibles et clairs,
Un essaim joyeux de fillettes sages,
De douces naïades au corps souple et beau,
De jolies poupées, ou brunes ou blondes,
Et vous croiriez voir, en sortant de l'eau,
Autant de Vénus s'évadant de l'onde.
Si vous connaissiez les gens de chez nous,
Avec leur accent joyeux et sincère !
Leur abord gracieux, amical et doux,
Prouve leur désir d'aussitôt vous plaire.
Vous découvririez au fond de leur coeur,
L'immense bonté toute naturelle
Qui en fait de tendres consolateurs
Si la destinée vous est trop cruelle.
J'ai de mon pays brossé un tableau
Assez ressemblant, et plutôt modeste,
Mais il est aussi des petits oiseaux
Le refuge sûr ; venez-y, du reste,
Car la mer, le ciel, les gens et les fleurs
Vous disent avec gentille insistance :
"Venez, chers amis goûter au bonheur
Dans notre pays, la belle Provence" !
FRANCOR
(Marseille, janvier 1951)
Inédit.
Quant à moi, j'ai écrit avant-hier, jour de l'Epiphanie, ce petit poème d'espoir en ces jours d'une actualité aussi maussade que le ciel...
EPIPHANIE
Il suffit de guetter l'Etoile
Pour que dans l'ombre se dévoile
La Vérité, la Vie et le Chemin
Que demain
Va t'inviter à suivre.
Désormais tu vas vivre
Dans l'espérance et la confiance en Dieu,
Et tes yeux
S'ouvriront sur de belles promesses ;
Marche droit, et va dans l'allégresse
Où te mène ton destin.
Jusqu'à ton dernier matin,
Suis l'Etoile, et ris dans le vacarme
De la vallée des larmes !
(Peyrolles-en-Provence, le 6 janvier 2010)
Poème inédit