Mercredi 13 janvier 2010
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Voici aujourd'hui deux textes de style bien différent : le premier, écrit il y a
déjà trois ans et demi est un petit amusement qui m'a été inspiré un jour où j'avais surpris deux petits élèves de CP, dans la cour de récréation en train d'essayer de voir, par le trou de la
serrure de la porte de leur classe, ce que faisait leur maîtresse. Mon devoir moral m'avait bien entendu obligé à les admonester sévèrement, mais j'avoue que j'étais plus amusé que réellement
fâché, d'où, peu de temps après, ce poème espiègle... mais, petit frère, attention : la curiosité est un vilain défaut !
LE TROU DE LA SERRURE
"Quels sont ces bruits que j'entends
Dans la chambre de ma soeur ?
Elle doit dormir, pourtant,
Car, enfin il est deux heures !
Il y a de la lumière
Sous la porte, que fait-elle ?
Elle n'est pas coutumière
D'avoir des insomnies telles !
Approchons-nous doucement
Et tendons discrètement
L'oreille contre la porte...
Pourquoi gémir de la sorte ?
Fait-elle une crise d'asthme ?
(Tiens, j'ai une rime en "asme",
Mais ne nous affolons pas,
Car nous n'en sommes pas là !)
Elle est peut-être malade,
Mais j'entends des roucoulades,
De petits rires nerveux,
On dirait bien qu'ils sont deux...
Il faut que je m'en assure :
Regardons par la serrure,
Si ma soeur est en danger,
Je devrai la protéger !
Mais pourquoi est-elle nue
Avec ce garçon dessus ?
Je vais rosser ce gredin...
Le bandit ! Il a éteint...
Soudain, brillent les étoiles,
Mes yeux se couvrent d'un voile
Et les cloches me martellent,
Je vois trente-six chandelles.
Que le diable les emporte,
Avant que s'ouvre la porte
Sur mes rimes et fantasmes,
J'avais pensé à "orgasme" !
(Peyrolles-en-Provence, le 22 mai 2006)
"Le Pot-au-Feu du Bouc" - recueil inédit
Le suivant est plus sérieux : inspiré par la neige qui tombait en abondance ce 9 janvier
dernier, il est construit avec de long vers de quinze pieds qui veulent donner un rythme lent et une
ambiance feutrée, comme celle qui régnait ce matin-là...
MATIN DE NEIGE
La neige tombe sur la plaine et la couvre de silence,
La vie s'assoupit lentement dans la torpeur de l'absence ;
Les grands cyprès tendent leurs bras vers un espoir de soleil
Au-dessus des terres gelées où se traîne le sommeil.
Quelques petits oiseaux s'en vont picorer des fleurs de givre
Et n'ont pas le coeur à chanter, mais il faut tenter de vivre...
L'un d'entre eux explore même la gamelle de mon chien
Qui, désabusé, le regarde et, au fond, s'en moque bien !
Sur la campagne désolée des ombres fantômatiques
Glissent à travers les flocons comme des rêves arctiques,
Une pâle lumière essaie de se frayer un chemin
Parmi les lambeaux de la nuit qui repoussent le matin,
Et, comme un tueur silencieux qui ne laisse aucune trace,
La neige ensevelit le monde, et tout doucement, l'efface...
(Peyrolles-en-Provence, le 9 janvier 2010)
Poème inédit
Par Vieux Loup
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